Dans les coulisses du concert de Kinga Głyk, un concert très techno

Dans les coulisses du concert de Kinga Głyk, un concert très techno

La bassiste polonaise n’a pas remis au goût du jour ce style de musique électronique des années 1980, la techno, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que son concert faisait appel à pas mal de technologie notamment avec les instruments des différents musiciens.

À tout seigneur, tout honneur; commençons par Kinga. Alors que les contrebassiste/bassiste des deux autres concerts nous avaient demandé des amplis assez imposants sur scène pour leur instrument, il n’y avait aucun ampli pour la basse le deuxième soir. Par contre tout se passait à travers un boîtier électronique (carte son) qui envoyait à Kinga Głyk le son de sa basse avec les effets désirés à la fois dans le système de sonorisation pour le public, et pour elle et ses musiciens dans le système de monitoring du groupe. Chaque musicien disposait d’un retour avec des écouteurs sans fil, en plus d’éventuels hauts-parleurs de retour sur scène. Ces cartes sons (un exemple ici) reproduisent le son d’amplis traditionnels, comme des amplis à lampes. De plus en plus de guitaristes utilisent ce système sans ampli, mais encore peu de bassistes le maîtrisent comme Kinga Głyk notamment sur scène.

Continuons maintenant avec la batterie de Nicolas Viccaro, sans nul doute la plus impressionnante des trois concerts du festival. Cinq cymbales, deux caisses claires – et il a su utiliser tout cela – avec les classiques trois toms, la Charley et la grosse caisse, et… un énorme ampli derrière son siège, un « subwoofer ». Ces amplis (un exemple ici) permettent aux batteurs de mieux ressentir le son de leurs différents fûts.

Si vous n’aviez pas forcément noté ces particularités instrumentales pour la basse et la batterie, vous n’avez pas pu échapper à l’EWI d’Itai Weissman, cet instrument électronique à vent (Electronic Wind Instrument). Quand nous avons pris contact avec le groupe, le producteur nous avait annoncé la participation de Hailey Niswan au saxophone et à l’Aerophone. C’est finalement Itai, également saxophoniste, qui a fait partie du groupe. Mais il ne faut pas confondre EWI (prononcer « i-oui ») et Aerophone, même si de manière générale les deux font partie de la famille des synthétiseurs numériques à vent. L’EWI (fabriqué par Akai) est le descendant direct du premier instrument de cette famille, inventé en 1970. L’Aerophone (fabriqué par Roland) dispose de hauts-parleurs et de banque de sons intégrée. Pour les saxophonistes, la prise en main de ces deux instruments est facilitée, comme ils disposent de clés configurables comme celles des instruments à vent « analogiques » (saxophones, clarinettes…) qui, rappelons-le, constituent la famille des aérophones. Itai donnait parfois l’impression de jouer de la guitare électrique avec son EWI, comme dans cette vidéo avec une autre formation.

Terminons par les claviers, nombreux sur scène avec deux claviéristes Paweł Tomaszewski et Michał Jakubczak, chacun avec un clavier Nord Stage (un « 2 » et un « 3 ») et chacun avec un synthétiseur, un Prophet pour Michał et un Nord Wave 2 pour Paweł. Pour ce dernier synthétiseur, nous n’avons pas pu trouver le modèle demandé par le groupe en location auprès de notre prestataire, ni auprès d’autres professionnels dans d’autres régions. La faute… aux Jeux Olympiques et les nombreux spectacles qui ont été organisés à l’occasion et qui ont immobilisé beaucoup d’instruments de location. Ce synthé étant disponible à la vente, nous nous sommes résolus mi-juillet à en acheter un. Paweł nous a chaudement remercié d’avoir pu en trouver un car, même si le Nord Wave original est plus facile à trouver, les banques de sons ne sont pas au même format pour les deux modèles. Jazz UP cherche donc activement un acquéreur pour cet instrument (annonce sur AudioFanzine et sur EasyZic).

Mise à jour au 19 octobre 2024 : le synthé a été acheté par un musicien de la région; merci à tous ceux qui ont éventuellement partagé l’annonce.